Vécu subjectif de contact avec des défuntsLes vécus subjectifs de contact avec un défunt – VSCD, en anglais ADC pour After-Death Communications – sont des expériences spontanées, qui donnent au sujet une impression de contact ou de présence avec un proche décédé. Les VSCD n'impliquent pas toujours une communication en tant que telle, et excluent les sentiments de contact avec des « anges » ou autres entités spirituelles. L'INREES vous propose de mieux comprendre cette expérience et découvrir son approche clinique dans le Chapitre 5 du Manuel clinique des expériences extraordinaires, rédigé par Evelyn Elsaesser-Valarino, et dont voici un aperçu.
Défintion complète : Les vécus subjectifs de contact avec des défuntsToujours liés à un décès, récent la plupart du temps (moins d'un an dans la majorité des cas), les vécus subjectifs de contact avec un défunt (VSCD) sont souvent de nature très subtile. Ils peuvent revêtir plusieurs formes, depuis le simple ressenti d'une présence, jusqu'à la mise en jeu d'un ou plusieurs sens (contact auditif, tactile, visuel, olfactif). Ces vécus ont souvent lieu pendant le sommeil, mais aussi en état de veille, de somnolence, de décorporation, de méditation, et se manifestent sous forme de phénomènes physiques ou symboliques (classification de B.&J. Guggenheim, sur la base de 3300 récits). Les vécus subjectifs se produisent pour leur majorité une seule fois, et chez des sujets ne présentant aucune forme de détérioration mentale. La plupart des personnes ayant vécu ces expériences insistent moins sur le contenu des messages que sur la conviction du contact établi par le défunt. Un contact « de nature clairement thérapeutique » (Krippner), qui réconforte les endeuillés et les fait accéder à des changements intérieurs qui, habituellement, prennent des mois voire des années. Témoignage« Alors qu'il vient de quitter Lucie, avec qui il allait bientôt emménager, Denis meurt dans un accident de voiture. Eperdument amoureux, Lucie et Denis offraient le spectacle d'un couple extraordinaire et d'une rare complicité. Quelques temps après ce tragique décès, Lucie se résout à retourner dans la maison de Denis, où elle passe la nuit. Alors qu'elle s'allonge sur leur lit, quelque chose lâche en elle et elle sent que Denis rejoint. Il est là, tout près. Elle ressent la pression du corps de son homme qui creuse le matelas à côté d'elle. « Il a senti que je n'en pouvais plus, et il venu pour me réconforter, pour me dire qu'il serait là ! » »
L'expérience et son intérêt pour le témoinCes expériences de contact sont perçues comme une initiative du défunt, qui viendrait réconforter un proche pour l'aider à traverser son deuil. En ce sens, les VSCD s'apparentent à un dernier adieu. Leur effet thérapeutique est souvent puissant : reconnaissance de la réalité de la perte, dépassement du sentiment d'absurdité de la mort, réinvestissement dans de nouveaux objectifs de vie (LaGrand), ouverture à la spiritualité. Les VSCD comportent donc un potentiel important de transformation, qui peut être utilisé dans un cadre thérapeutique afin d'accompagner le processus du deuil. Ils permettent d'établir avec le défunt une nouvelle relation, qui ne mobilise plus toute l'énergie émotionnelle. Le regard de la scienceLa cause du décès ne permet pas d'anticiper la survenue d'un contact direct, exception faite des morts violentes (accidents ou suicides). Les scientifiques qui ont conduit des études auprès de personnes ayant expérimenté des VSCD concluent que les témoins ne présentent pas de spécificités mentales, psychiques ou médicamenteuse particulières, et par conséquent que « ces hallucinations doivent être considérées comme un phénomène normal » (Rees). Comme il n'existe pas de terme scientifique pour désigner une « perception non partagée », le plus couramment il est fait mention d'hallucination, mais il faut souligner que les visions ayant lieu lors d'un VSCD ne se produisent pas dans un contexte de détérioration mentale, comme c'est normalement le cas des hallucinations. Pourquoi aller plus loin avec les vécus subjectifs de contact avec des défunts ?Un VSCD est une expérience courante : 20 à 44% des Américains et 25% des Européens l'ont éprouvée, surtout veufs ou veuves (Haraldsson, Guggenheim, LaGrand). L'étude du phénomène permet de comprendre comment le renforcement des liens avec un défunt contribue au travail de détachement : s'il était autrefois recommandé de renoncer à la relation avec la personne décédée, il est aujourd'hui admis que lui trouver une place appropriée dans sa vie émotionnelle fait partie du processus de deuil. L'approche thérapeutiqueFace à un VSCD, le thérapeute n'a pas à trancher en fonction d'une position personnelle sur le sujet (vrai ou faux) : ce qui prime est l'expérience subjective de la personne et sa croyance, pas celle du thérapeute (LaGrand). Le thérapeute doit accueillir l'expérience tout en mesurant ses effets : un suivi attentif est nécessaire si la personne surinvestit le phénomène et met son quotidien entre parenthèses dans l'attente d'un nouveau contact, ou si elle fait partie des rares patients (1%) qui désirent mettre fin à leur vie pour rejoindre le défunt. Pour les 99 % de personnes qui retirent d'un VSCD un bénéfice considérable, il s'agit de les accompagner dans une expérience qui fait partie de leur processus de deuil... Plus d'informations dans le Chapitre 5 du Manuel clinique des expériences extraordinaires. |
Les auteurs : Paul Bernstein • Olivier Chambon • Evelyn Elsaesser-Valarino • Jayne Gackenbach • Isabelle de Kochko • Stephen LaBerge • Carine Lemarchand • Erik Pigani • Djohar Si Ahmed Tous les contributeurs
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